samedi 2 avril 2011

Les ados et la méditation


Les élèves de la Tonbridge School, située dans le Kent, en Angleterre, ont droit chaque semaine à des cours de méditation et de lutte contre le stress dans le cadre d’un programme mis au point par des psychologues des universités d’Oxford et de Cambridge.

Ce projet – le premier à introduire la méditation à titre régulier dans le programme scolaire – a été conçu spécialement pour les adolescents après le succès rencontré par une étude pilote menée l’an dernier dans l’établissement.

Ce cours de « pleine conscience » (mindfulness) destiné aux classes de secondes, vise à accroître la concentration et à combattre l’anxiété ; il montre aux ados les bénéfices du silence, les aide à prendre conscience et à s’affranchir des attitudes mentales négatives qui peuvent provoquer dépression, troubles de l’alimentation et addiction. Des exercices permettent aux élèves de développer leur attention au lieu de se laisser parasiter par des problèmes émotionnels, des regrets ou des inquiétudes liées au passé et à l’avenir. Ils apprennent notamment à se concentrer sur leur respiration, les différentes parties de leur corps, ou leurs mouvements.

Si la « pleine conscience » tire son origine des traditions de méditation orientales comme le bouddhisme, il s’agit désormais d’une discipline laïque bien établie. De plus en plus de chercheurs souhaitent que cette méthode soit employée plus largement pour lutter contre le stress passager et certains problèmes mentaux plus profonds. Le National Institute for Health and Clinical Excellence recommande au service de santé public de proposer la méditation de pleine conscience aux malades souffrant de dépression.

Richard Burnett, professeur d’éducation religieuse, assure le cours de méditation à Tonbridge. Cette pratique exige un changement culturel de la perception du silence pour les enseignants et pour les élèves, explique-t-il. « Dans les écoles, le silence est associé au pouvoir – le professeur demande aux élèves de se taire. Ce qu’il faut, c’est faire comprendre que le silence est une activité positive à savourer.» Si certains adolescents participant à l’étude étaient initialement sceptiques, la plupart ont relevé le défi. Ils comptent sur la « pleine conscience » pour combattre le stress et relativiser les choses. Ils trouvent qu’ils s’endorment plus facilement grâce à la méditation et qu’ils sont moins tendus avant les matchs de cricket.

Pour le professeur Williams, qui dirige le Mindfulness Centre d’Oxford, « il ne s’agit pas de convertir les gens au bouddhisme. L’utilité de ces pratiques est scientifiquement prouvée, alors pourquoi s’en priver ? » Selon Andrew Mac Culloch, directeur de la Mental Health Foundation, la pratique de la méditation de pleine conscience permet aussi de prévenir l’apparition de la dépression et de l’anxiété à l’âge adulte. La première leçon s’intitule « Eduquer le chiot » : on compare l’esprit à un chiot qui doit apprendre à ne « pas bouger !» et à se concentrer sur une seule chose au lieu de courir dans tous les sens. On apprend ensuite à parvenir à un état de calme et de concentration, à identifier les ruminations négatives, à développer la conscience du moment présent, à ralentir et à savourer ses activités, à se détacher des pensées envahissantes, à s’autoriser des émotions difficiles et les vivre, à réfléchir et à se pencher sur soi.

Les cours sont dispensés à raison de quarante minutes par semaine. Les élèves reçoivent en outre des exercices sur MP3 qu’on leur conseille d’écouter avant de faire leurs devoirs le soir.

Lu sur le site : http://www.c-possible.org/

Le lien vers le site « Pleine Conscience » : http://www.association-mindfulness.org/

Le site du R.Y.E. (Recherche sur le Yoga dans l'Education) en France : http://www.rye-france.fr/