vendredi 18 février 2011

Ce qui EST est


Nous ne souffrons que lorsque nous croyons une pensée qui conteste ce qui est.

Lorsque l’esprit est parfaitement clair, ce qui EST est ce que nous voulons. Si vous voulez que la réalité soit différente de ce qu’elle est, vous pourriez tout aussi bien essayer d’apprendre à un chat à aboyer. Vous pourriez essayer et réessayer, et le chat finira par vous regarder en faisant « Miaou ».

Vouloir que la réalité soit différente de ce qu’elle EST est futile.

Et pourtant, si vous y faites attention, vous remarquerez que vous avez ce genre de pensées des douzaines de fois par jour. « Les gens devraient être plus aimables. » « Les enfants devraient être sages. » « Mon mari (ma femme) devrait être d’accord avec moi. » « Je devrais être plus maigre, ou plus beau (belle), ou avoir plus de succès »… Ces pensées sont des façons de vouloir que la réalité soit différente de ce qu’elle est. Si vous trouvez cela déprimant, vous avez raison. Tout le stress que nous ressentons est dû au fait de contester ce qui est.

Les personnes me disent souvent : « Mais je vais perdre tout pouvoir si j’arrête de contester la réalité. Si j’accepte simplement la réalité, je vais devenir passif. Je risque même de perdre toute envie d’agir. »
Je leur réponds par une question : « Pouvez-vous absolument savoir que c’est vrai ? » Qu’est-ce qui donne le plus de pouvoir ? « Je n’aurais pas dû perdre mon travail » ou « J’ai perdu mon travail ; que puis-je faire maintenant ? ».

Le travail (sur soi) révèle que ce que vous pensez qui n’aurait pas dû arriver, aurait dû arriver. Cela devait arriver puisque c’est arrivé, et aucune pensée au monde ne peut rien y changer. Ceci ne veut pas dire que vous l’excusiez ou l’approuviez. Ceci veut simplement dire que vous pouvez voir les choses sans résistance et sans la confusion liée à votre combat intérieur. Personne ne veut que ses enfants soient malades, personne ne souhaite avoir un accident de voiture ; mais lorsque ces choses là arrivent, comment s’y opposer mentalement peut-il être aidant ? Nous savons faire mieux que cela, et pourtant nous le faisons, faute de savoir comment arrêter.

Je suis amoureuse de ce qui est, non parce que je suis une personne spirituelle, mais parce que cela fait du mal quand je conteste la réalité. Nous pouvons savoir que la réalité est bonne telle qu’elle est, parce que lorsque nous la contestons, nous faisons l’expérience de la tension et de la frustration. Nous ne nous sentons alors ni naturels ni équilibrés. Lorsque nous cessons de contester la réalité, l’action devient simple, fluide, bienveillante et sans peur.

Rester dans ses propres affaires

Je ne peux trouver dans l’univers que trois sortes d’affaires : les miennes, les vôtres, et celles de Dieu. Pour moi, le mot Dieu veut dire « la réalité » : la réalité est Dieu parce qu’elle règne. Tout ce qui est hors de mon contrôle, de votre contrôle, ou du contrôle de quelqu’un d’autre, j’appelle cela les affaires de Dieu.

La majeure partie de notre stress vient du fait de nous trouver mentalement hors de nos propres affaires. Lorsque je pense : « Vous avez besoin de trouver un autre travail, je veux que vous soyez heureux, vous devriez être à l’heure, vous avez besoin de faire plus attention à vous », je suis dans vos affaires. Lorsque je m’inquiète des tremblements de terre, des inondations, de la guerre et de la date à laquelle je vais mourir, je suis dans les affaires de Dieu. Si je suis mentalement dans vos affaires ou dans les affaires de Dieu, le résultat est la séparation. J’ai remarqué cela très tôt en 1986. Quand j’allais mentalement dans les affaires de ma mère, par exemple, avec une pensée du genre, « Ma mère devrait me comprendre »… j’éprouvais immédiatement un sentiment de solitude ! Et je me suis rendu compte alors que chaque fois dans ma vie que je me sentais blessée ou seule, j’étais dans les affaires de quelqu’un d’autre.

Si vous vivez votre vie et que mentalement je vis votre vie, qui est ici pour vivre la mienne ? Nous sommes tous les deux là-bas. Etre mentalement dans vos affaires m’empêche d’être présent dans les miennes. Je suis séparé de moi-même, me demandant pourquoi ma vie ne va pas bien.

Penser savoir ce qui est mieux pour qui que ce soit d’autre, c’est être hors de mes affaires. Même au nom de l’amour, c’est de l’arrogance pure, et le résultat c’est la tension, l’anxiété et la peur. Est-ce que je sais ce qui est bon pour moi ? Seul cela est mon affaire. Laissez-moi donc m’occuper de cela avant que je n’essaye de résoudre vos problèmes à votre place.

Si vous comprenez suffisamment les trois sortes d’affaires pour rester dans les vôtres, cela pourrait libérer votre vie d’une façon que vous ne pouvez même pas imaginer. La prochaine fois que vous éprouverez du stress ou du mal-être, demandez-vous dans les affaires de qui vous vous trouvez mentalement, et vous pourriez éclater de rire ! Et vous pourriez vous apercevoir que vous n’avez jamais été vraiment présent, que vous avez vécu toute votre vie dans les affaires des autres. Rien que de remarquer que vous êtes dans les affaires d’autrui peut vous ramener à l’être merveilleux que vous êtes.

Et si vous pratiquez cela un certain temps, vous en viendrez à voir que vous n’avez pas d’affaire en propre non plus et que votre vie se déroule parfaitement bien d’elle-même.

Rencontrer nos pensées avec compréhension

Une pensée est inoffensive jusqu’à ce que nous la croyions. Ce ne sont pas nos pensées, mais l’attachement à nos pensées qui cause la souffrance. S’attacher à une pensée, c’est croire qu’elle est vraie, sans la remettre en question. Une croyance est une pensée à laquelle nous sommes attachés, souvent depuis des années.

La plupart des gens pensent être ce que leurs pensées leur disent qu’ils sont. Un jour j’ai remarqué que je ne respirais pas – j’étais respirée. Ensuite j’ai remarqué aussi, à mon grand étonnement, que je ne pensais pas – qu’en réalité j’étais pensée, et que penser n’a rien de personnel. Vous réveillez-vous le matin en vous disant à vous-même, « Je pense que je ne vais pas penser aujourd’hui » ? C’est trop tard : vous pensez déjà ! Les pensées apparaissent simplement. Elles surgissent de nulle part et retournent à nulle part, tel des nuages traversant le ciel vide. Elles viennent juste pour passer, pas pour rester. Elles ne font pas de mal jusqu’à ce que nous nous y attachions en les prenant pour vraies. Je ne lâche pas mes pensées – je les rencontre avec compréhension. Ensuite ce sont elles qui me lâchent.

Les pensées sont comme la brise ou les feuilles des arbres ou les gouttes de pluie qui tombent. Elles apparaissent comme cela, et grâce au questionnement nous nous en faisons des amies. Lutteriez-vous contre une goutte de pluie ? Les gouttes de pluie ne sont pas personnelles, et les pensées non plus. Lorsqu’un concept douloureux est rencontré avec compréhension, la fois suivante il se peut que vous le trouviez intéressant. Ce qui était un cauchemar est maintenant simplement intéressant. La fois d’après il se peut que vous le trouviez drôle. La fois suivante peut-être ne le remarquerez-vous même pas.

Ceci est le pouvoir d’aimer ce qui est.


Un texte de Byron Katie.

En illustration : une photo de Mudita, prise au Clos Lucé, en 2006.

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