mercredi 9 septembre 2009

Le Dessin / article en quatre parties. Partie 1 : Un Art des Origines




Le dessin aide à mieux comprendre le monde.

Léonard de Vinci



Le dessin est un art des origines. Enfants, nous avons TOUS dessiné, car le signe nous vient en même temps que le mot pour constituer un langage. Mais en grandissant, le privilège du « cerveau gauche » prend de l’ampleur, nous abandonnons ce moyen de communication propre au « cerveau droit » et nous négligeons peu à peu ce vecteur, pourtant source d’enseignement et de plaisir.

Cet art, certes concurrencé de nos jours par la photographie, reste malgré tout un moyen privilégié de transmettre directement une information, que celle-ci soit matérielle, mentale ou émotionnelle.

Ainsi, les scientifiques et les archéologues en particulier, optent pour un dessin détaillé de leurs sujets d'étude, plus sélectif et plus précis qu'une photographie. Demandant à l'auteur plus d'attention, cette étude lui procure de fait plus d'informations sur l'objet étudié. On peut remarquer que la plupart des guides d'histoire naturelle ont aussi recours au dessin et à la peinture pour identifier animaux et plantes. Et de nombreuses publicités font toujours appel au dessin pour marquer plus profondément l'attention du consommateur.

Si, enfants, nous avons tous dessiné – et presque tous pareillement (lire à ce propos les excellents ouvrages de Olivier et Varenka Marc, et les travaux d’Arno Stern), une fois entrés dans le monde adulte, nous percevons le monde d'une manière très différente, car la culture, l'environnement et le conditionnement mental cadrent plus profondément nos perceptions et modèlent nos moyens d'expression. L'obstacle sur lequel butent la plupart d'entre nous tient aussi au fait, qu'avec la maturité, nous acquérons une perception plus stricte - mais parfois erronée - de ce qui est « correct » et de ce qui - soi-disant - ne l'est pas. Tout ceci devient source d'inhibitions : « je ne sais pas dessiner ! ».

L'appréhension du dessin n'a pourtant rien de mystérieux et tout le monde peut y accéder, à condition d'adopter l'attitude, la concentration et l'approche méthodologique qui conviennent. Comme toute autre activité, la pratique est essentielle à la réussite.

Devenir l'interprète de la nature

Apprendre à dessiner consiste autant à éduquer son oeil, son regard, sa perception visuelle qu'à acquérir une parfaite maîtrise de la main et à rester concentré calmement des heures sur un sujet. La qualité de notre réalisation résulte de cet ensemble ; elle sera aussi à la mesure de notre imagination et de notre faculté d'interprétation juste de ce que l'oeil voit. Car il s'agit de porter un regard critique sur les objets, de discréminer, d'en tirer des informations et ensuite de « prendre parti ».

Les choses ne se font jamais d'un trait exact dès le début, aussi ne faut-il pas hésiter à superposer les traits ou les signes jusqu'à l'obtention de ce que l'on veut signifier. Inutile d'effacer les « repentirs » en pensant qu'ils vont nuire au résultat final. Au contraire ceux-ci donnent du corps au dessin, le rendant plus intéressant et plus vivant. Un regard sur les dessins des grands maîtres suffira, par ailleurs, à nous convaincre. Il faut des années d'ascèse de dessin, et un certain tempérament pour dessiner au seul trait (tel Picasso, Trémois ou Moebius), alors inutile d’essayer dès le début !

Résoudre des problèmes

Le dessin est un art spontané qui permet de saisir instantanément ce que l'oeil perçoit et de corriger éventuellement ce que notre mental en pense ! Travailler d'après nature est une expérience primordiale pour le débutant, et une gymnastique quotidienne pour celui qui est déjà confirmé dans la pratique.

Si l'on prend plaisir à résoudre des énigmes, le dessin apporte beaucoup de satisfaction, autant à l'auteur qu'au spectateur.

Des matériaux familiers

La plupart des matériaux du dessin n'ont pas changé depuis des siècles et les instruments d'aujourd'hui sont semblables à ceux qu'employaient les peintres de la renaissance, il y a cinq cents ans. Les techniques du fusain ou du pastel (craie) par exemple, illustrent bien cette pérennité (et existent d’ailleurs depuis les premiers dessins du temps des cavernes).

Et il est singulier, mais rassurant que le dessin ait ainsi traversé les siècles, nous procurant toujours les mêmes satisfactions, malgré l'essor de la technique et l'équipement sophistiqué qui nous est maintenant proposé dans toutes nos activités.

Texte de Catherine Mazarguil

Un enseignement complet en DESSIN est proposé à l’Atelier du Laurier Rouge, 4 stages dans l'année : Paysage, Nature, Carnet de Voyage, Portrait et Autoportrait, Composition et Dessin Abstrait, Dessin Botanique… Pour retrouver les origines de l’Art ! Accéder au site de l’Atelier : http://www.laurier-rouge.com/

Illustration : "Chapiteau", dessin à la mine graphite sur papier, de Catherine Mazarguil, l’enseignante.