vendredi 11 septembre 2009

Le Dessin / article en quatre parties. Partie 2 : Dans les Règles de l'Art

Il y a des lois de proportion, de lumière et d'ombre, de perspective que l'on doit connaître pour pouvoir dessiner. Si l'on ne possède pas cette connaissance, cela reste toujours une lutte stérile et on ne réussit jamais à enfanter. Van Gogh

Seules trois notions sont primordiales en dessin.

Il s'agit des proportions, de la perspective et des valeurs ombre/lumière.

Ces trois notions permettent de représenter sur le papier l'idée que l'on se fait de ce que nous voyons, c'est à dire notre projection mentale sur les choses qui existent ou que notre imaginaire (ou notre intuition) produit. Le dessin, en cela, est une parfaite illusion.

Les trois notions de proportions, de perspective et des rapports de l'ombre et de la lumière sont toujours présentes dans une représentation graphique, quelle qu'elle soit, même si la personne qui dessine est ignorante ou inconsciente de ces notions (par exemple chez les personnes qui n’ont pas eu d’enseignement artistique, les enfants, les personnes handicapées mentales, les créateurs d’art brut, etc.). Bien sûr, dans certains ateliers regroupant des amateurs, les personnes se contentent de reproduire une photographie avec plus ou moins d'élégance et contournent ainsi ces notions essentielles, mais elles seront totalement démunies face à une réalisation d'après nature (paysage, portrait, nature morte, etc. et encore plus en ce qui concerne l'abstrait et la création imaginaire).

Ces trois problèmes se posent donc à tout dessinateur, petit ou grand, débutant ou confirmé :

- Comment représenter une vision en grandeur nature (paysage ou personnage par exemple) dans une petite feuille, ou au contraire comment agrandir un détail ? Ce sont les notions de proportions.

- Comment régler le problème de spatialisation, d’éloignement, de raccourci, ou comment passer de trois dimensions en seulement deux ? Ceci est un problème de perspective.

- Enfin, se révèle un obstacle à franchir, celui lié aux valeurs des couleurs puisqu’en dessin pur nous ne disposons que d'une seule teinte : le gris pour la mine graphite, le noir pour la pierre noire, le rouge pour la sanguine, la poudre fine pour le fusain. Nous touchons là les aspects relatifs à l'ombre et à la lumière.

Ainsi, comment recréer avec ces trois contraintes cette illusion qui nous fait vibrer ?

Les proportions

Tout d'abord, il s'agit de prendre conscience qu'il existe un rapport entre les choses. Ce rapport, en dessin, est appelé proportion. Pour avoir une idée juste des proportions, les artistes ont, depuis 6 siècles, adopté cette technique : élever virtuellement une vitre (comme une fenêtre) à la verticale entre le sujet et le dessin ou la toile (les artistes du 15 ème siècle élevaient d'ailleurs une vitre réelle, voir à ce propos les films « Artemisia » et « Meurtre dans un Jardin Anglais »).

A partir de là, la technique consiste en :
- fermer un oeil, toujours le même
- prendre un crayon et le tenir à bout de bras tendu (toujours tendu, c'est impératif)
- le crayon balaye le plan en deux dimensions, plan vertical, horizontal, oblique, jamais en profondeur
- se servir de son ongle de pouce comme curseur
- repérer la focale de son oeil : la "mise au point" s'effectue sur le sujet ou sur le crayon, selon le confort de chacun et les distances par rapport au sujet.
Les mesures sont prises en gardant le pouce à un certain endroit une fois que l'on a décidé à partir de quoi on prend des proportions, et en reportant ensuite cette mesure "étalon" autant de fois sur une autre partie du sujet. On trouve alors un rapport, par exemple deux fois et demi, ou un tiers, ou sept fois, etc. C'est ce rapport que l'on reporte sur son dessin, et en aucun cas la mesure trouvée avec le crayon.

La perspective

Il existe plusieurs perspectives. Avec la pratique, on s'aperçoit que chacun a une notion de perspective différente, qui dépend de l'age, de la culture, de l'époque où on vit, de son émotion, de sa réceptivité du moment, de la fonction même du dessin.
Deux grandes tendances se dégagent néanmoins : la perspective dite à l'occidentale et celle dite à l'orientale. Dans la plupart des cas, on se réfère à la perspective dite "occidentale" ou académique, avec les points de fuite vers l'extérieur de la feuille, sur une ligne d’horizon fictive tracée dans le vide au niveau du regard, dans une attitude d’extériorité. La perspective orientale, ou « inversée » envisage, elle, les points de fuite vers soi, ou en soi, dans une attitude d'intériorité. La perspective « cavalière » nie les points de fuite, et trace des lignes parallèles pour un dessin descriptif, efficace, mais sans âme.

L'ombre et la lumière

Dernière composante du dessin : l'ombre et la lumière. Un dessin n'existe pas si on trace un trait blanc sur une feuille blanche, ou un trait noir sur une feuille noire. La plupart du temps, l’ombre s’accroche sur un plan, l’arrête du plan signifie l’arrivée de la lumière : la représentation graphique n'existe que dans l'opposition de l'ombre et de la lumière, principalement du noir et du blanc (ou une teinte sur un fond). TOUT n’est ensuite qu’une question de nuances et de dégradés, et d'élégance dans le trait de crayon.

Texte de Catherine Mazarguil

Un enseignement complet au DESSIN est proposé à l’Atelier du Laurier Rouge, 4 stages dans l'année : Paysage, Nature, Carnet de Voyage, Portrait et Autoportrait, Composition et Dessin Abstrait, Dessin Botanique… le tout dans les Règles de l’Art ! Accéder au site de l’Atelier : http://www.laurier-rouge.com/

Illustration : "Chevalet d'Atelier et Drapé", dessin, à la mine graphite sur papier, de Catherine Mazarguil, l’enseignante.