samedi 22 août 2009

Le Chant des Pierres


















Tout, absolument tout, a été conçu à partir de la lumière.

Les constructions des anciens étaient réalisées dans cette optique. L’église devait être par excellence le réceptacle du Christ solaire, et c’était le soleil qui déterminait l’alpha et l’oméga de cette construction. Mais l’église est aussi un temple qui va permettre au ciel de se manifester, c’est pourquoi il est lié à une constellation donnée.

Ce temple a pour autre vocation de décharger l’énergie tellurique. C’est un lieu de transformation de la matière, donc un chemin d’initiation pour l’homme. Les églises romanes sont faites à l’échelle de l’homme, par l’homme et pour l’homme, à condition bien sûr qu’il accepte d’incarner son être divin.

Dans une église romane, toutes les énergies vont du bas vers le haut, obligeant l’homme à se tenir debout. Elles frappent de plein fouet la voûte et redescendent le long des murs, créant une circulation énergétique qui est aussi une source de neutralisation.

Mais on ne peut pas emprisonner l’énergie d’une manière continue, sinon on risque de provoquer l’éclatement incontrôlé du système. Les moines constructeurs le savaient bien : une soupape de sécurité avait été prévue. Dans les églises romanes, il y a derrière l’autel, à l’est, souvent à l’extérieur, un « point menhir ». Par ce point est évacué le trop plein d’énergie, mais en sortant cette énergie s’inverse et devient négative. C’est pourquoi les bâtisseurs, forts de cette connaissance, on fait en sorte que cet emplacement soit difficilement accessible.

Ainsi, dans l’édifice roman, le pèlerin est arrosé par les voûtes, il reçoit cette énergie qui lui tombe littéralement dessus. Il se fait « envoûter » d’une manière inconsciente dans le rectangle d’or, d'une manière consciente dans le carré terrestre et d’une manière acceptée par sa seule volonté dans le cercle divin.

L’évolution gothique va changer la vocation du lieu. La cathédrale gothique n’est plus construite sur la valeur de l’homme (à sa dimension) mais sur la valeur du méridien du lieu. Ce n’est plus l’homme qui est élevé, c’est toute l’énergie de cet espace qui désormais est sacralisé au service de l’homme. En effet, un tracé géométrique relie toutes les cathédrales gothiques de France, la Rose de Nostre Dame, dans le but d'élever la conscience du lieu, du territoire, donc de la France.

L'autre différence fondamentale repose sur le fait que l’Eglise romane procède de la terre et l’Eglise gothique procède du ciel. Toutes les deux permettent la réalisation de l’homme divin, sans utiliser les mêmes énergies, même si elles ont la même volonté spirituelle. Les réseaux vibratoires permettent de passer d’un niveau terrestre (tellurique) à un niveau spirituel (cosmique) afin d’élever notre conscience vers le troisième niveau de conscience Christique.

Les églises et les cathédrales sont ainsi bien plus que des ouvrages d’art ou des monuments historiques : ce sont des machines à générer, à guérir non seulement sur le plan physique mais sur tous les plans de la conscience manifestée (ce qui était voulu par les templiers bâtisseurs).

Dans ces édifices, chaque pierre a été taillée avec soin, et replacée exactement dans le sens d’extraction de la carrière ; le nord magnétique de la pierre est toujours placé comme il l’était dans son milieu d’origine. Et dans chaque église ou cathédrale, le simple fait de remplacer ou de déplacer une pierre sans cette conscience là modifie totalement l’énergie du lieu. Aussi, les travaux de restauration, les mises en place de systèmes de chauffage sans discernement, et sans ce savoir, ont dans beaucoup trop d'endroits modifié les énergies. Tout comme l'emplacement des autels, placés initialement au fond du choeur, sur un puit profond creusé dans le sous-sol, avec au dessus la voûte du coeur. Désormais, le prêtre officie tourné vers l'ouest, face aux fidèles. La plupart de ces autels ont été avancés, et lorsque le prêtre célèbre un mariage, les futurs époux se retrouvent en bas des marches, dans l'allée centrale... à l'emplacement même traditionnellement dévolu au cerceuil lors d'un enterrement, le lieu de séparation de l'âme et du corps. Résultat : beaucoup de couples s'unissent spirituellement sur des énergies de séparation.

Ainsi, l’Eglise, au cours de son histoire, a voulu se séparer de la pierre pour ne conserver que le Verbe (le Verbe auparavant était porté, amplifié par la pierre). Ce fut le début de la chute inexorable de l’Eglise catholique ; la perte des vocations et la désertification progressive de ses monuments, qui ont perdu leurs sens sacrés.

Extraits de l’ouvrage de Dider Rauzy « L’éveil des nouveaux chamans » aux éditions Guy Trédaniel.

Illustration : la superbe abbaye de Pontigny (Yonne), photo de Mudita.