lundi 27 juillet 2009

Le jardin extraordinaire de la danse indienne





Relier le Bharata Natyam, la danse de l'Inde du Sud, à l'espace du jardin est tout naturel pour cette danse qui, par définition, est celle de la terre.

Bharat signifie terre, Natya est la partie dansée du théâtre.

L'univers poétique de cette danse foisonne de références liées aux fleurs, plantes, abeilles, oiseaux, lotus, pousses épanouies.

Pour dire ce jardin, le corps tout entier est investi, jusqu'aux mains du danseur qui épanouit ses doigts pétales grâce à l'apprentissage de la gestuelle des mudra. Ainsi, on découvre la mudra de la fleur de lotus, de la pousse épanouie, de la liane, du cocotier, de l'abeille qui butine et se pose sur une branche ou au cœur d'une fleur etc.….

Bien plus que cela, et avant tout, le danseur de bharata natyam se déploie tel un arbre : la plante de ses pieds enracine le rythme dans le sol par le martèlement des frappes, le tronc est étiré, les bras ouverts sur l'horizon comme des branches, les mains tendues en forme de feuille, jusqu'au visage qui exprime les différentes saveurs des sentiments tel un fruit goûteux.

Le costume et le maquillage nous parlent également de corolle épanouie, une fleur est peinte dans les mains et sur les pieds et se sont encore des fleurs qui ornent la chevelure.

Tout concourt à présenter la danseuse comme une fleur.

Les danses elles mêmes sont construites comme des bouquets depuis la première nommée « offrande de fleurs » jusqu'à « l'alarippu » qui signifie « éclosion ».

Tous ces éléments font de la danse indienne un outil de communication très riche au service de l'imaginaire.

Il s'agit de mettre à la portée de tous cet univers technique, artistique et symbolique sensibilisant au langage corporel tout en gardant ce lien très fort avec le jardin comme il a été explicité plus haut, du placement corporel le plus concret jusqu'à l'épanouissement du jardin intérieur où fleurissent les émotions.

Le professeur de danse est alors un peu le jardinier, traçant dans l'espace les lignes géométriques des chorégraphies, enracinant les postures, composant avec les danseurs, fleurs mobiles de ce jardin extraordinaire.

Un texte de Maya, danseuse de Bharata Natyam et professeur de Yoga.

En illustration : une copie de miniature Indienne peinte par Mudita (un stage Peinture des Miniatures Indiennes aura lieu en Août 2010 à l'Atelier du Laurier Rouge) ; et une photo de Maya dans un temple de l'Inde (photo de Dominique Guillemain d’Echon, site de la photographe : http://www.photo-phore.fr).