samedi 21 mars 2009

Le yoga de la voix


Chanter en liberté

Dans le Yoga de la Voix, nous exploitons le potentiel énergétique des vibrations calibrées en notes, pour nous redynamiser naturellement et expérimenter ainsi un véritable massage sonore, régénérant et harmonisant de l'être tout entier.

Notre corps est construit comme un instrument à sept cordes et chaque note de la gamme naturelle, pour exemple : do ré mi fa sol la si, correspond à un centre énergétique ou chakras. Lorsque nous vocalisons une note spécifique de la gamme pure, nous éveillons le centre correspondant qui entre en sympathie avec elle. Nous pouvons ainsi vibrer intimement, physiquement et subtilement sur notre portée de chair et d’esprit, selon le chant exécuté.

Le Yoga de la voix se pratique comme le yoga de posture. Ici, les asanas proposés sont des exercices vocaux précis, comparables à des chemins mélodiques sillonnant l’axe de notre corps, avec douceur, avec entrain.
Tout en chantant, nous recevons le massage vibratoire que nous nous donnons, étant à la fois émetteur et récepteur. En semant l’harmonie, nous récoltons l’harmonie, une expérience de détente et d’espace, de silence apaisant, de retrouvailles.

Fondements de la pratique

Il s’agit d’une pratique vocale issue du chant classique de l’Inde, modal, qui s’appuie sur une loi naturelle du son et de l’harmonie définie dans le Gandharva Véda.

Notre Création, disent les Anciens, a pris forme avec le Son primordial, car tout n’est que vibrations dans le monde phénoménal. L’homme est une petite sphère à l’image de l’Univers, microcosme dans le macrocosme, composé de fini et d’infini. La connaissance de ces aspects fondamentaux de l’esprit, du son et de la matière, par les maîtres de l’ère Védique, fut connue aussi des Pythagoriciens, qui expliquaient que la musique harmonieuse revitalise l’homme en l’accordant avec l’Univers.

Ainsi, les vibrations employées à bon escient ont une vertu, un pouvoir autre que le charme irrésistible exercé par la musique. Et qui n’exclut pas ce dernier. Aujourd’hui encore, en Inde, la musique classique traditionnelle, modale, utilise ce pouvoir régénérant du son. Chaque raga, selon sa gamme propre, a un effet particulier, physique et subtil, sur les auditeurs et sur l’environnement.

Se remplir de musique

L’oreille est entièrement sollicitée, c’est la face cachée de la voix. Nous lui demandons d’écouter, dedans et dehors, de nous fondre dans la musique, en laissant le mental de côté.
Le chant est accompagné du tanpura, instrument à 4 cordes qui égrène un bourdon continu composé de la note fondamentale et de sa quinte. En relation constante avec ce bourdon, nous posons notre première note, qui deviendra la base de l’édifice musical que nous construirons. Une fois bien établis sur cette base de la note fondamentale intégrée, mémorisée, nous gravissons les divers degrés de la gamme naturelle. Afin de prendre de plus en plus d’assurance, nous développons ensuite des exercices de souplesse, et nous expérimentons la diversité des écarts chromatiques. Enfin nous passons aux séries harmonisantes composées précisément pour leurs effets revitalisants.

L’oreille rivée sur le tanpura, centrés sur la pratique du moment, dans le présent, nous nous écoutons vibrer, portés par le courant de l’air et des harmoniques qui tournent autour de nous. En chantant lentement, comme une force tranquille, bien ancrés sur le sol, nous chercherons, non pas à faire le plus de notes possible, mais à traverser le plus d’espace possible entre deux notes.

Chanter du dedans au dehors et jaillir du silence

Nous utilisons la voix parlée, qui deviendra voix chantée, naturelle, ni forcée, ni façonnée, avec une attention particulière sur la douceur, émettre sa douceur. Cela permet de découvrir plus facilement le rapport intime de la voix avec la musique et d’engager, par la magie de la musique modale indienne, une conversation mélodique avec notre intériorité.

Grâce à l’oreille, et soutenue par le jeu de l’esraj (autre instrument à cordes, venant du nord de l’Inde, qui se joue avec un archet), la voix se place sur la note fondamentale du bourdon pour vocaliser, avec une précision presque invariable. C’est la justesse expressive qui importe ici ; s’il y a lieu, les ajustements se règlent par étapes.

Le travail sur le souffle, la force vocale et l’enrichissement du timbre se fait aussi progressivement. Il suffit d’offrir la voix du moment, la voix de son être, rien d’autre. Nous apprenons à chanter en conscience et en détente, évoluant dans les modes comme nous évoluons dans les mondes.

C’est une bonne façon de trouver sa voix et d’écouter ce que nous avons à nous dire

Entre le chant sacré, le chant harmonisant et le chant musical, le Yoga de la Voix est d’abord vécu comme un plaisir, dont les effets bienfaisants et immédiatement accessibles sont particulièrement appréciables. Il favorise le retour à soi, démarche indispensable à tout Yoga.

Un article de Adam S. Callejon. Illustration : le stage d'Août 2008 à l'Atelier du Laurier Rouge

Un stage en Août 2009 :

Le Yoga de La Voix est une technique développée par Adam S Callejon, musicien et conteur, et co-animé par Nathalie Nichanian, professeur de Yoga. Ils travaillent tous les deux la musique classique de l’Inde (chant dhrupad).

Un stage se déroulera prochainement à l’ATELIER DU LAURIER ROUGE du 25 au 29 Août 2009.

Voir le programme détaillé sur site : www.laurier-rouge.com